dimanche 6 février 2011

5 février 2011 retour au THILLOT- souvenir du Mali

Notre premier forage, decembre 2006

Sur la dune à Hombori


Toujours beaucoup d'enfants

Notre chambre dans la case à Yorola

Et la douche
Notre périple est arrivé à sa fin, pas de panne, pas de crevaison tout à bien '' roulé'' diront les chauffeurs.
Nous sommes heureux de retrouver notre pays et notre famille, nos enfants et petits enfants sont impatients de nous revoir. En arrivant à Orly la température est basse nous mettons les pulls et anoraks, nous avons échangé le soleil du Mali contre le brouillard qui nous accompagne une grande partie du trajet.
A l'arrivée ce n'est pas un mirage mais la neige est bien réelle, là ! nous commençons par regretter la terre malienne, les souvenirs de nos amis défilent : l'intonation de leur voix, les acclamations, '' ini tchié , ini tchié" qui veut dire merci, merci ! les visages de certains que nous n'oublions pas, tout cela reste gravé dans notre esprit.
Pour la 8ème fois Marc et moi ( Marie-Jo) avons posé nos pieds sur le sol malien, nous restons attachés à ce peuple démuni, mais volontaire, quand il n'y a pas de moyens comment peuvent-ils évoluer ?
Les actions que nous menons les aident à se développer, les principales priorités sont l'eau, sans eau pas de vie, le maraîchage, les fournitures scolaires, la santé.
Le maraîchage apportera la nourriture et favorisera le commerce.
La scolarité est trop coûteuse pour certains, donc pas d'école. Nous souhaitons améliorer les dispensaires et les maternités qui sont tellement précaires.
Les 3 véhicules et le chargement de plus de 2 tonnes de matériels et objets divers nous ont permis d'apporter des aides fructueuses. Nous remercions toutes les personnes qui ont participé pour la préparation  de cette aventure, à tous les bienfaiteurs, adhérents, donateurs et sponsors, conseillers  pour le voyage, à tous ceux qui chaque matin pensaient à nous en priant pour que tout se passe bien, troublés par les informations qui n'étaient pas réconfortantes et parfois inquiétantes.

Ce voyage a été préparé depuis janvier 2010, l'organisation n'était pas simple,  Marc, Daniel, Françoise et Moi (Marie-Jo) avons  été les premiers à préparer et s'investir dans ce projet, tant dans la recherche des véhicules que la gestion du convoi,  administrative et financière, ainsi que Colette et François pour leur participation à  la préparation du chargement et Odile et Paul.
Nous remercions nos amis maliens Casimir et Fagaye qui nous aident  et nous guident pour le suivi de nos actions  au Mali 

Une belle aventure qui a été intéressante, généreuse, pleines d'émotions et de souvenirs.
A tous merci !

mercredi 2 février 2011

mercredi 2 février : Bamako .

 Ce matin, tout le monde est cool : l'aventure se termine dans les meilleures conditions !
 La journée sera occupée à ficeler nos bagages et à régler les papiers de cession des véhicules . Un petit tour au marché artisanal nous permettra de prendre un dernier bain de foule ( nous ne sommes pas près d'en voir une pareille au marché du Thillot!)
Nous rendons hommage à
 Marc qui a permis que ce projet fabuleux prenne corps .,
 Marie-Jo qui a assuré tout le travail administratif et financier: paperasses et recherche de fonds
 Marc et Marie-Jo qui n'ont pas ménagé leur peine et  les déplacements pour mettre tout sur pied
 Daniel qui a initié cette idée folle de partir par la route et qui a préparé les véhicules et  les a bichonnés tout  au long de la route
 Aux 3 chauffeurs : Marc, Daniel et François qui ont mené les troupes en toute sécurité au terme du voyage .
 Marc , François et Daniel qui sont allés chercher les véhicules en Belgique ou à Bordeaux .
 Marie-Jo, Françoise et Colette qui ont préparé les cartons .
 Marc, Marie-Jo, Daniel, Françoise, François et Colette qui ont chargé les véhicules .
 Colette qui a assuré le bon fonctionnement des"talky-walky" , liens très utiles entre les voitures .

 Nous partons cette nuit vers 2h de Bamako avec une escale d'1h30 à Casablanca et nous serons à Paris, inch'Allah, vers 11h30 demain matin .
 Départ à 22 h à l'aéroport dans le Master ( 11 personnes) . Casimir et un de ses amis ainsi que Fagaye nous accompagnent . L'aéroport de Bamako est en phase d'installation et les boutiques ouvertes en soirée sont rares .
 Nous quittons nos compagnons du Mali: Casimir et Fagaye . Ils sont nos liens avec le pays . Ils nous facilitent les rencontres dans les villages, ils nous ouvrent les portes de ce pays attachant . Chacun a récupéré un des véhicules que nous avons convoyés .
 La suite et fin de notre aventure vous parviendra vendredi et plus tard, nous tenterons d'y ajouter quelques photos ( Marie-Jo  a perdu le cordon de son appareil-photo dans le vol de Nouakchott. cf, étape Nouadhibou-Nouakchott) .
 Nous tenterons d'apporter un peu de chaleur malienne avec nous mais serons contents, en vrais Vosgiens que nous sommes, de respirer l'air frais de nos montagnes !

Les enfants ramènent l'eau à la case

Photo d'adieux avant notre départ

Une classe de 110 enfants à Ségou

Ce fut pour moi un plaisir de vous avoir fait partager notre aventure .

Mardi 1° février : Gualala-Yorola : 20 km de piste et Yorola-Bamako: 300 km dont 40 de piste .


Nous avons offert une mobylette à la Matronne pour faire ses visites dans la brousse

Accueil à Yorola

Ecole construite avec la participation de l'école des Forges  (Vosges)

 Lever 6 h . 6h30, messe à l'église de Gualala à la mémoire d'un prêtre vosgien qui a aidé les prêtres maliens . L'assistance ( enfants compris) y est nombreuse malgré  l'heure matinale . La musique bien rythmée nous réveille bien ! Après le petit déjeuner, la visite de l'école, de l'hôpital ( où nous laissons médicaments et lunettes), nous reprenons la piste . Les cahots de la route finiront de nous réveiller !
 De nombreuses villages faits de huttes couvertes de paille jalonnent la piste . Le dispensaire de Yorola sera notre 1 halte : nous y déchargeons des cartons de médicaments, des draps, des serviettes, des voilages pour réaliser des moustiquaires, des vêtements de bébé, un couffin (sans les 3 hommes ) et le clou : une mobylette qui a fièrement arboré son rétro, tel un sémaphore, au sommet de la galerie du Master durant plus de 9000 km . En vaillante petite machine, l'engin a répondu présent dès les 1° coups de démarreur . Gageons qu'elle saura être là en cas d'urgence car la matrone peut être appelée à tous moments pour un accouchement  .A l'école voisine, les enfants sont en récréation . Le déchargement suscite leur curiosité !
 Encore 3 km et c'est l'arrivée triomphale à Yorola . La foule , des personnes aînées jusqu'aux bébés  . 2 jolies demoiselles nous offrent la" kola"(  l'offrande de bienvenue ). Les notables du village: maire, ex-sous-préfet, représentant d'une ONG danoise (qui a financé la construction d'une nouvelle école. Sans l'apport financier de notre association, les travaux n'auraient pu démarrer),directeur d'école, représentante des femmes, Samou, notre correspondant local . Des habitants de Bamako originaires du village sont même venus en bus . Toute cette foule nous acclame: les enfants font une haie, les femmes dans leur belles toilettes, bébé dans le dos , au soleil, et, sous l'auvent, assis, les hommes !
 Nous sommes invités à prendre place à l'ombre, sous la toile . Accueil et discours précèdent la musique et les danses . Nous nous retrouvons ensuite avec les responsables du village pour parler "affaires" Cette année, nous finançons :
 - l'entourage d'un jardin communal de 1 ha
 - des micro-crédits alloués aux femmes qui présenteront un projet bien établi . (  le nombre de femmes concernées augmentera avec les remboursements) .
L'argent est versé aux responsables devant témoins .
 Nous allons ensuite voir le forage (eau potable) financé par Marie-Jo et Marc en 2006 . Nous nous rendons également à l'ancien forage dont la pompe a été réparée par les Amis de Yorola l'an dernier . Nous apprécions la gestion du grenier à céréales géré par Samou . Et enfin, nous passons par la hutte où est installé le moulin à karité acheté il y a 2 ans . Il génère des bénéfices pour l'association de 180 femmes .
 Nous déposons ensuite le reste de notre chargement : vêtements, couvertures,peluches, matériel scolaire et de nombreux livres dont une encyclopédie en nombreux volumes qui constitueront la base d'une bibliothèque  . Le déjeuner préparé par Madina, venue de Bamako,sera pris à l'ombre d'une case : riz, poulet et poisson; c'est le menu traditionnel au Mali .
 C'est avec les sourires et les acclamations que nous saluons les villageois . La chaleur et la fatigue nous pousseront à rentrer dès ce soir à Bamako . Vient ensuite le moment du départ . Nous laissons un peu de nous-mêmes ici . Des liens se tissent au fil des années .
 La route du retour est longue, il fait très chaud . C'est l'atmosphère des fins d'aventure: la fatigue gagnant, le ressort s'épuise . Comme des chevaux, nous " sentons l'écurie"!
 La conduite de nuit est dangereuse ici : peu de villes sont éclairées, de nombreux véhicules n'ont pas de lumières, les charrettes et bicyclettes, noires dans la nuit, empiètent sur la chaussée et  les enfants traversent la route n'importe où ! Et la fumée des producteurs de charbon de bois limite encore la visibilité ( le charbon de bois est l'énergie utilisée très souvent pour la cuisine ) .
 Quand les lumières de Bamako apparaissent, la circulation s'intensifie . Aux portes de la ville, de nombreux camions attendent l'autorisation pour traverser la ville . Nous traversons le Niger et entrons au coeur de la capitale . Les enseignes fleurissent. L'association des noms "Mali-Libye" est omniprésente . Nous dînons en ville et regagnons "le Plaza" où des chambres climatisées  nous attendent . Ce ne sera pas un luxe !

Lundi 31 janvier : Sikasso-Gualala 310 km dont 20 km de piste .

Eglise de Goualala

Une classe de l'école de Goualala
 Départ à 9h, direction plein Ouest .
1° arrêt pour faire un tour de marché à la ville ( Sikasso : 113 000 hab) . Véritable spectacle animé, coloré, odorant : les étals les plus variés sont installés à même le sol : meubles, tables d'école, stocks de bois, de ferraille, pièces détachées, chaussures, vêtements, poissons et viandes qui attirent les mouches et les superbes pyramides de fruits et légumes . Réaliser un cône de 1 m avec des pommes de terre ou des tomates relève de l'art . Les femmes sont les maîtres dans la vente de maraîchage alors que les hommes se réservent les nombreux autres commerces . Comme le marché est concentré en un espace réduit, vous pouvez satisfaire tous vos désirs d'achats . Les bébés et les jeunes enfants, stoïques sous la chaleur, ont leur place dans le décor .
  Quand nous prenons le temps de communiquer, l'accueil est toujours agréable : les visages s'éclairent . Ici, les femmes voilées sont très rares et nous pouvons ainsi apprécier leur ouverture, même si la barrière de la langue est un obstacle à la communication . Au cours de nos bains de foule ou de nos arrêts au long des pistes, nous enfilons des perles de sourires pour nous parer d'un collier d'humanité .
 A la sortie de la ville, la route rectiligne est en réfection . Ce n'est pas un luxe car, après quelques km, il faut slalomer entre les nids d'autruche . En bon skieur, Daniel maîtrise . Il se prépare à ses futures descentes dans la neige ! Fagaye, quant à lui, est rompu à l'exercice car il sillonne le pays et connaît bien les routes défoncées . Nous sommes maintenant 6 dans le Master. François et Colette animent le voyage de leurs brèves de comptoir : une carrière dans un bar-restaurant, ça laisse des souvenirs   et quels souvenirs !
 Pour déjeuner, nous nous arrêtons dans un resto en bord de route, à Koumantou . Marie-Jo et Marc y rencontrent une cousine qui fait un circuit au Mali ( elle n'a eu aucun souci en parcourant le pays et même jusqu'à Tombouctou !) . La famille Petitgenêt a de nombreuses racines ! En arrivant jusqu'à Bougouni, nous récupérons Casimir, venu de Bamako en bus, pour nous accompagner à Yorola .
 Dans la ville, nous dépassons un convoi funèbre ( à pied) constitué uniquement d'hommes: 4 d'entre eux portent, sur une toile tendue, le défunt, enveloppé d'un suaire. Au Mali, seuls les hommes sont présents à la mise en terre .
 La route nous mène jusqu'à Yanfolila . De là, nous poursuivons sur une piste . Comme nous roulons portière ouverte dans le Master et que la piste est constituée de terre rouge, nous atteignons Gualala en vrais "Peaux Rouges". Et malheur à ceux qui se vêtent de blanc ! Nos bagages ne sont pas plus reluisants ! Nous logeons chez le Père Antoine, curé de tout le cercle de Yanfolila . Après le dîner, nous allons prendre le thé chez les voisins de l'hôpital : Antoine, infirmier et laborantin, nous parle de la vie locale, des problèmes de santé des clients de l'hôpital . Le palu est toujours bien présent ! Un panneau solaire permet à quelques enfants de faire leurs devoirs . Tels des mineurs avec nos frontales, nous regagnons notre gîte . Sans moustiquaire, la nuit sera difficile !