samedi 3 décembre 2011

Départ le 16 janvier 2012 pour le Mali notre 8 année



Nous  partons pour la huitième fois pour le Mali ,Roissy Bamako le lundi 16 janvier 2012, Marie Jo, Jacques Perrin ,un ami sera le trésorier durant le séjour,et moi même Marc Petitgenet.
Notre arrivée est prévue à Bamako vers 17h30 .Nous prenons avec nous 25 kg de bagages  par personne . Fagaye notre chauffeur depuis 7 ans  nous attendra à l'aéroport, tellement impatient......
Nous irons chez Casimir secrétaire de la Cathédrale, notre mandataire, qui sur place, a supervisé les travaux des 3 forages (profondeur 70 à 85 m) dans  des  villages très démunis qui se situent en brousse. Nous avons reçu les résultats d'analyses, l'eau est potable et de bonne qualité.
Le lendemain nous continuerons notre périple de 2500 kms pour visiter les villages où nous avons fait des actions les années précédentes, puis nous irons rencontrer nos 60 handicapés à Mopti.
Nous nous rendrons dans  les villages où nous avons, l'an passé, réalisé 2 puits Wérou et Malokoro
  ( l’accueil sera grandiose)!..
 Bien que ce pays soit délaissé par les touristes suite aux enlèvements d'étrangers par Aqmi- Al-Qaida, notre parcours au nord ne dépassera pas Mopti ,et le pays Dogon, notre voyage se poursuivra au sud vers Yorola situé à la frontière de la Guinée au bord du fleuve Sankarani.
A partir du 16 janvier nous pourrons compléter le blog journalier comme l'an dernier en espérant trouver la wifi le soir dans les auberges ou campements.
A bientôt, vous pourrez suivre notre trajet
                                                                    Les amis de Yorola

dimanche 8 mai 2011

jeudi 3 février : dernière étape : Bamako-Casablanca-Paris

Décollage à 2 h pour Casablanca, par une température de 2° palier d'acclimatation.
L'escale est un peu longue(1h30) mais sera allongée d'autant car des bagages en surnombre se trouvent parmi les autres.
Nous sommes priés de sortir et reconnaître nos bagages exposés dehors ainsi les ''2 clandestins '' sont retirés et nous partons avec 1h30 de retard! Nous avalons un petit déjeuner entre 2 petits sommes.
Paris nous accueille dans la grisaille et avec un petit 6°. Michel, un guédon cousin de Daniel, vient nous chercher avec le véhicule du ski- club de la Haute- Moselle. Il nous évite de courir jusqu'à la gare de l'Est et d'attendre un train qui nous laisserait à Remiremont.
 Merci  Michel! Il a quitté les Vosges ce matin à 5h et nous attend bravement malgré notre retard. Nous partons déjeuner à St Maur chez Maryse, la 2ème fille de Françoise et Daniel. Un bon repas vosgien et un accueil chaleureux nous consolent de la grisaille extérieure. Et nous reprenons la route(c'est une habitude journalière depuis 1 mois) dans le brouillard et les encombrements de la banlieue. Nous sentons l'air du pays en arrivant aux portes de Nancy.
Quand nous atteignons Le Thillot, il y a beaucoup de lumière dans la rue de la Paix, aux Ets Siaud Valdenaire. La fille de Françoise et Daniel, Laurence, a convoqué familles, enfants petits-enfants, frères et soeurs amis et voisins pour accueillir ''les Africains''. Qelle n'est pas notre surprise de découvrir une soixante de personnes à côté d'un buffet bien garni qui acclame notre entrée! Comme dans les villages Africains les vosgiens savent recevoir! Nous avons chaud au coeur! (Merci Laurence,  merci à tous l'attention est touchante).
Après les embrassades et accolades, nous nous mettons à table et partageons avec beaucoup de plaisir ce buffet improvisé. Les photographes sont là aussi aussi: Jean-Pierre n'a pas hésité à se déplacer pour fixer ces instants et les ajouter au futurx diaporamas qu'il va préparer prochainement.
Nous partageons nos premières impressions dans la joie d'être de retour dans vieilles Vosges, entourés par les nôtres.
Une bonne nuit réparatrice nous permettra de faire surface et face aux températures bien fraîches.
Nous remercons tous les membres de l'association, donateurs et bienfaiteurs sans qui nous n'aurions pas pu entreprendre une telle expédition et qui nous font entière confiance : ils nous permettent de réaliser des actions de développement auprès des Maliens.
Merci à Jean Yves Creusot( Bleu Piment au Thillot)qui a crée ce blog et qui nous a permis de rester en contact avec vous.
Merci à Clara informatique pour le don d'un ordinateur portable.
Nous voulons aussi témoigner de la reconnaissance des Maliens: Casimir et Fagaye ainsi que tous les Maliens rencontrés dans les villages, sur les pistes ou dans les champs qui remercient ceux qui les aident et qui leur apportentou l'eau ou les moyens de vivre
un peu mieux.

 

dimanche 6 février 2011

5 février 2011 retour au THILLOT- souvenir du Mali

Notre premier forage, decembre 2006

Sur la dune à Hombori


Toujours beaucoup d'enfants

Notre chambre dans la case à Yorola

Et la douche
Notre périple est arrivé à sa fin, pas de panne, pas de crevaison tout à bien '' roulé'' diront les chauffeurs.
Nous sommes heureux de retrouver notre pays et notre famille, nos enfants et petits enfants sont impatients de nous revoir. En arrivant à Orly la température est basse nous mettons les pulls et anoraks, nous avons échangé le soleil du Mali contre le brouillard qui nous accompagne une grande partie du trajet.
A l'arrivée ce n'est pas un mirage mais la neige est bien réelle, là ! nous commençons par regretter la terre malienne, les souvenirs de nos amis défilent : l'intonation de leur voix, les acclamations, '' ini tchié , ini tchié" qui veut dire merci, merci ! les visages de certains que nous n'oublions pas, tout cela reste gravé dans notre esprit.
Pour la 8ème fois Marc et moi ( Marie-Jo) avons posé nos pieds sur le sol malien, nous restons attachés à ce peuple démuni, mais volontaire, quand il n'y a pas de moyens comment peuvent-ils évoluer ?
Les actions que nous menons les aident à se développer, les principales priorités sont l'eau, sans eau pas de vie, le maraîchage, les fournitures scolaires, la santé.
Le maraîchage apportera la nourriture et favorisera le commerce.
La scolarité est trop coûteuse pour certains, donc pas d'école. Nous souhaitons améliorer les dispensaires et les maternités qui sont tellement précaires.
Les 3 véhicules et le chargement de plus de 2 tonnes de matériels et objets divers nous ont permis d'apporter des aides fructueuses. Nous remercions toutes les personnes qui ont participé pour la préparation  de cette aventure, à tous les bienfaiteurs, adhérents, donateurs et sponsors, conseillers  pour le voyage, à tous ceux qui chaque matin pensaient à nous en priant pour que tout se passe bien, troublés par les informations qui n'étaient pas réconfortantes et parfois inquiétantes.

Ce voyage a été préparé depuis janvier 2010, l'organisation n'était pas simple,  Marc, Daniel, Françoise et Moi (Marie-Jo) avons  été les premiers à préparer et s'investir dans ce projet, tant dans la recherche des véhicules que la gestion du convoi,  administrative et financière, ainsi que Colette et François pour leur participation à  la préparation du chargement et Odile et Paul.
Nous remercions nos amis maliens Casimir et Fagaye qui nous aident  et nous guident pour le suivi de nos actions  au Mali 

Une belle aventure qui a été intéressante, généreuse, pleines d'émotions et de souvenirs.
A tous merci !

mercredi 2 février 2011

mercredi 2 février : Bamako .

 Ce matin, tout le monde est cool : l'aventure se termine dans les meilleures conditions !
 La journée sera occupée à ficeler nos bagages et à régler les papiers de cession des véhicules . Un petit tour au marché artisanal nous permettra de prendre un dernier bain de foule ( nous ne sommes pas près d'en voir une pareille au marché du Thillot!)
Nous rendons hommage à
 Marc qui a permis que ce projet fabuleux prenne corps .,
 Marie-Jo qui a assuré tout le travail administratif et financier: paperasses et recherche de fonds
 Marc et Marie-Jo qui n'ont pas ménagé leur peine et  les déplacements pour mettre tout sur pied
 Daniel qui a initié cette idée folle de partir par la route et qui a préparé les véhicules et  les a bichonnés tout  au long de la route
 Aux 3 chauffeurs : Marc, Daniel et François qui ont mené les troupes en toute sécurité au terme du voyage .
 Marc , François et Daniel qui sont allés chercher les véhicules en Belgique ou à Bordeaux .
 Marie-Jo, Françoise et Colette qui ont préparé les cartons .
 Marc, Marie-Jo, Daniel, Françoise, François et Colette qui ont chargé les véhicules .
 Colette qui a assuré le bon fonctionnement des"talky-walky" , liens très utiles entre les voitures .

 Nous partons cette nuit vers 2h de Bamako avec une escale d'1h30 à Casablanca et nous serons à Paris, inch'Allah, vers 11h30 demain matin .
 Départ à 22 h à l'aéroport dans le Master ( 11 personnes) . Casimir et un de ses amis ainsi que Fagaye nous accompagnent . L'aéroport de Bamako est en phase d'installation et les boutiques ouvertes en soirée sont rares .
 Nous quittons nos compagnons du Mali: Casimir et Fagaye . Ils sont nos liens avec le pays . Ils nous facilitent les rencontres dans les villages, ils nous ouvrent les portes de ce pays attachant . Chacun a récupéré un des véhicules que nous avons convoyés .
 La suite et fin de notre aventure vous parviendra vendredi et plus tard, nous tenterons d'y ajouter quelques photos ( Marie-Jo  a perdu le cordon de son appareil-photo dans le vol de Nouakchott. cf, étape Nouadhibou-Nouakchott) .
 Nous tenterons d'apporter un peu de chaleur malienne avec nous mais serons contents, en vrais Vosgiens que nous sommes, de respirer l'air frais de nos montagnes !

Les enfants ramènent l'eau à la case

Photo d'adieux avant notre départ

Une classe de 110 enfants à Ségou

Ce fut pour moi un plaisir de vous avoir fait partager notre aventure .

Mardi 1° février : Gualala-Yorola : 20 km de piste et Yorola-Bamako: 300 km dont 40 de piste .


Nous avons offert une mobylette à la Matronne pour faire ses visites dans la brousse

Accueil à Yorola

Ecole construite avec la participation de l'école des Forges  (Vosges)

 Lever 6 h . 6h30, messe à l'église de Gualala à la mémoire d'un prêtre vosgien qui a aidé les prêtres maliens . L'assistance ( enfants compris) y est nombreuse malgré  l'heure matinale . La musique bien rythmée nous réveille bien ! Après le petit déjeuner, la visite de l'école, de l'hôpital ( où nous laissons médicaments et lunettes), nous reprenons la piste . Les cahots de la route finiront de nous réveiller !
 De nombreuses villages faits de huttes couvertes de paille jalonnent la piste . Le dispensaire de Yorola sera notre 1 halte : nous y déchargeons des cartons de médicaments, des draps, des serviettes, des voilages pour réaliser des moustiquaires, des vêtements de bébé, un couffin (sans les 3 hommes ) et le clou : une mobylette qui a fièrement arboré son rétro, tel un sémaphore, au sommet de la galerie du Master durant plus de 9000 km . En vaillante petite machine, l'engin a répondu présent dès les 1° coups de démarreur . Gageons qu'elle saura être là en cas d'urgence car la matrone peut être appelée à tous moments pour un accouchement  .A l'école voisine, les enfants sont en récréation . Le déchargement suscite leur curiosité !
 Encore 3 km et c'est l'arrivée triomphale à Yorola . La foule , des personnes aînées jusqu'aux bébés  . 2 jolies demoiselles nous offrent la" kola"(  l'offrande de bienvenue ). Les notables du village: maire, ex-sous-préfet, représentant d'une ONG danoise (qui a financé la construction d'une nouvelle école. Sans l'apport financier de notre association, les travaux n'auraient pu démarrer),directeur d'école, représentante des femmes, Samou, notre correspondant local . Des habitants de Bamako originaires du village sont même venus en bus . Toute cette foule nous acclame: les enfants font une haie, les femmes dans leur belles toilettes, bébé dans le dos , au soleil, et, sous l'auvent, assis, les hommes !
 Nous sommes invités à prendre place à l'ombre, sous la toile . Accueil et discours précèdent la musique et les danses . Nous nous retrouvons ensuite avec les responsables du village pour parler "affaires" Cette année, nous finançons :
 - l'entourage d'un jardin communal de 1 ha
 - des micro-crédits alloués aux femmes qui présenteront un projet bien établi . (  le nombre de femmes concernées augmentera avec les remboursements) .
L'argent est versé aux responsables devant témoins .
 Nous allons ensuite voir le forage (eau potable) financé par Marie-Jo et Marc en 2006 . Nous nous rendons également à l'ancien forage dont la pompe a été réparée par les Amis de Yorola l'an dernier . Nous apprécions la gestion du grenier à céréales géré par Samou . Et enfin, nous passons par la hutte où est installé le moulin à karité acheté il y a 2 ans . Il génère des bénéfices pour l'association de 180 femmes .
 Nous déposons ensuite le reste de notre chargement : vêtements, couvertures,peluches, matériel scolaire et de nombreux livres dont une encyclopédie en nombreux volumes qui constitueront la base d'une bibliothèque  . Le déjeuner préparé par Madina, venue de Bamako,sera pris à l'ombre d'une case : riz, poulet et poisson; c'est le menu traditionnel au Mali .
 C'est avec les sourires et les acclamations que nous saluons les villageois . La chaleur et la fatigue nous pousseront à rentrer dès ce soir à Bamako . Vient ensuite le moment du départ . Nous laissons un peu de nous-mêmes ici . Des liens se tissent au fil des années .
 La route du retour est longue, il fait très chaud . C'est l'atmosphère des fins d'aventure: la fatigue gagnant, le ressort s'épuise . Comme des chevaux, nous " sentons l'écurie"!
 La conduite de nuit est dangereuse ici : peu de villes sont éclairées, de nombreux véhicules n'ont pas de lumières, les charrettes et bicyclettes, noires dans la nuit, empiètent sur la chaussée et  les enfants traversent la route n'importe où ! Et la fumée des producteurs de charbon de bois limite encore la visibilité ( le charbon de bois est l'énergie utilisée très souvent pour la cuisine ) .
 Quand les lumières de Bamako apparaissent, la circulation s'intensifie . Aux portes de la ville, de nombreux camions attendent l'autorisation pour traverser la ville . Nous traversons le Niger et entrons au coeur de la capitale . Les enseignes fleurissent. L'association des noms "Mali-Libye" est omniprésente . Nous dînons en ville et regagnons "le Plaza" où des chambres climatisées  nous attendent . Ce ne sera pas un luxe !

Lundi 31 janvier : Sikasso-Gualala 310 km dont 20 km de piste .

Eglise de Goualala

Une classe de l'école de Goualala
 Départ à 9h, direction plein Ouest .
1° arrêt pour faire un tour de marché à la ville ( Sikasso : 113 000 hab) . Véritable spectacle animé, coloré, odorant : les étals les plus variés sont installés à même le sol : meubles, tables d'école, stocks de bois, de ferraille, pièces détachées, chaussures, vêtements, poissons et viandes qui attirent les mouches et les superbes pyramides de fruits et légumes . Réaliser un cône de 1 m avec des pommes de terre ou des tomates relève de l'art . Les femmes sont les maîtres dans la vente de maraîchage alors que les hommes se réservent les nombreux autres commerces . Comme le marché est concentré en un espace réduit, vous pouvez satisfaire tous vos désirs d'achats . Les bébés et les jeunes enfants, stoïques sous la chaleur, ont leur place dans le décor .
  Quand nous prenons le temps de communiquer, l'accueil est toujours agréable : les visages s'éclairent . Ici, les femmes voilées sont très rares et nous pouvons ainsi apprécier leur ouverture, même si la barrière de la langue est un obstacle à la communication . Au cours de nos bains de foule ou de nos arrêts au long des pistes, nous enfilons des perles de sourires pour nous parer d'un collier d'humanité .
 A la sortie de la ville, la route rectiligne est en réfection . Ce n'est pas un luxe car, après quelques km, il faut slalomer entre les nids d'autruche . En bon skieur, Daniel maîtrise . Il se prépare à ses futures descentes dans la neige ! Fagaye, quant à lui, est rompu à l'exercice car il sillonne le pays et connaît bien les routes défoncées . Nous sommes maintenant 6 dans le Master. François et Colette animent le voyage de leurs brèves de comptoir : une carrière dans un bar-restaurant, ça laisse des souvenirs   et quels souvenirs !
 Pour déjeuner, nous nous arrêtons dans un resto en bord de route, à Koumantou . Marie-Jo et Marc y rencontrent une cousine qui fait un circuit au Mali ( elle n'a eu aucun souci en parcourant le pays et même jusqu'à Tombouctou !) . La famille Petitgenêt a de nombreuses racines ! En arrivant jusqu'à Bougouni, nous récupérons Casimir, venu de Bamako en bus, pour nous accompagner à Yorola .
 Dans la ville, nous dépassons un convoi funèbre ( à pied) constitué uniquement d'hommes: 4 d'entre eux portent, sur une toile tendue, le défunt, enveloppé d'un suaire. Au Mali, seuls les hommes sont présents à la mise en terre .
 La route nous mène jusqu'à Yanfolila . De là, nous poursuivons sur une piste . Comme nous roulons portière ouverte dans le Master et que la piste est constituée de terre rouge, nous atteignons Gualala en vrais "Peaux Rouges". Et malheur à ceux qui se vêtent de blanc ! Nos bagages ne sont pas plus reluisants ! Nous logeons chez le Père Antoine, curé de tout le cercle de Yanfolila . Après le dîner, nous allons prendre le thé chez les voisins de l'hôpital : Antoine, infirmier et laborantin, nous parle de la vie locale, des problèmes de santé des clients de l'hôpital . Le palu est toujours bien présent ! Un panneau solaire permet à quelques enfants de faire leurs devoirs . Tels des mineurs avec nos frontales, nous regagnons notre gîte . Sans moustiquaire, la nuit sera difficile !

dimanche 30 janvier 2011

Dimanche 30 janvier : Teryabugu-Sikasso : 265 km dont 27 km de piste .

Un papayer bien garni

Animation au marché du village
 Réveillés par les oiseaux, les plus courageux entament la journée par un tour à la piscine . Petit déjeuner en compagnie des visiteurs du lieu . Adieux à Mme&Mr Le Chevalier et au personnel de "la Case de l'amitié" .
Départ à 8h45 pour les 27 km de piste .
 La traversée de Bla nous offre le spectacle animé du marché . En l'absence de frigo, les produits maraîchers ne peuvent attendre ! La relative fraîcheur du matin ne dure guère .
 Parvenus à Koutiala, nous nous rendons à la clinique Fiana où travaille le Dr Jean-Michel au côté du responsable, le Dr Coulibaly .Nous y déposons des médicaments, des bandages et des lunettes .Un ophtalmo établira leur correction et saura en faire profiter les clients les plus démunis . Le Dr Coulibaly nous fait visiter sa clinique : un jardin central accueille les familles des malades . Ici, la clinique n'assure pas le couvert; les familles doivent subvenir aux repas des personnes hospitalisés .
 Après un rapide déjeuner ( très long dans sa préparation mais ici, si nous avons l'heure, les Africains ont le temps!), nous reprenons la route plein Sud pour atteindre Sikasso . La température doit friser les 40° !
 La région de Sikasso est la plus méridionale du Mali . Elle partage ses frontières avec 3 pays: le Burkina, la Côte d'Ivoire et la Guinée . La pluviométrie et les sols fertiles font de cette province une région agricole par excellence . La production de céréales ( fonio, maïs, mil),  thé, produits maraîchers, coton ( 2° producteur d'Afrique après l'Egypte) fait de cette région le grenier du Mali . Des huileries et des usines à thé se sont installées ici . le sous-sol renferme de l'or exploité dans 2 mines . La végétation est dense et, à la saison des pluies, la couleur verte doit occuper tout l'espace .
 Nous sommes écrasés par la chaleur . Arrivés à Wassoulou, nous n'avons qu'une hâte: nous mettre au frais ! Seulement, ici, pas de piscine, mais de jolies huttes rondes au toit de chaume qui nous hébergeront cette nuit .
Notre vaillant Master a quelques soucis de freinage : Macgyver, alias Daniel, devra remplacer les plaquettes de frein .Fagaye sera son assistant . Les boutiques de pièces détachées sont légion ici et tout sera réparé avant la nuit . L'adage qui dit: "on a toujours besoin d'un mécano chez soi" se vérifie ici aussi !
 La fatigue et le mal du pays commencent à se faire sentir : vivre longtemps sous de telles températures est éprouvant, surtout pour des Vosgiens habitués à la rigueur de leur climat . Et de plus en plus, on évoque nos familles, les enfants, les petits-enfants, dans nos conversations . Nous apprécieront un bon bain, familial cette fois-ci !

Il est possible que nous ne puissions plus nous connecter d'ici notre retour : Demain soir, nous serons à Gualala, près de Yanfolila, à proximité d'un hôpital et mardi soir, nous atteindrons Yorola, le village de l'association, à la frontière guinéenne . Là, pas d'internet . la communication se fera  en direct avec le coeur, les yeux, les gestes d'affection et d'accueil . Ce sera notre bain d'émotion !

samedi 28 janvier : Bandiagara-Teryabugu : 360 km dont 27 km de piste

Probléme ,en poussant ,il va peut étre repartir

Attention aux nids (d'autruches)
 8h . Ce matin, direction Sud-Ouest . Nous avons atteint le point le plus oriental de notre périple .
Nous quittons le pays Dogon et revenons sur nos pas, vers San . Le paysage rocailleux nous rappelle nos Cévennes, palmiers en sus ! Dans les villages, les toitures des cases permettent de sécher les récoltes: fruits de balanzan, de karité . Les troupeaux de bêtes faméliques ( ici, la viande n'est pas grasse!) broutent une herbe sèche et éparse . Les enfants ( tous ne sont pas scolarisés, surtout les filles ) tendent la main, en attente de cadeaux . Les paysans, femmes et hommes, sont déjà en piste vers le marché local . Les charrettes sont rebondies . Dans les villages, nous apercevons les femmes occupées à piler le mil, à rapporter le bois ou la paille du mil sur leur tête, quand ce ne sont pas des seaux d'eau ! Il est rare de voir une femme assise au Mali !De loin en loin, des maçons sont occupés à bâtir des maisons en brique de terre ou en pierre . A l'approche des villes, la population se déplace . Chaque bourg est lieu de rencontres, de commerces . Les marchands ambulants tractent des charrettes qui, à elles seules, transportent des hyper-marchés miniatures .
 En allant vers l'Ouest, le paysage s'aplanit, les arbres sont plus nombreux . Les briques en banco s'amoncellent à proximité de quelques mares . La température monte .
 Nous nous arrêtons à San pour déjeuner . Pour se rendre au cyber ( les connections sont rares ici) Odile fait son baptême de moto . Il s'agit de mettre à jour le blog quand on peut !
 L'après-midi, la torpeur nous gagne et la route, rectiligne jusqu'à San, demande la vigilance des chauffeurs . heureusement, la piste de Teryabugu va nous réveiller !
 Arrivés dans notre "paradis", nous ne tardons pas à plonger pour nous rafraîchir . Nager sous les bougainvillées en fleurs, c'est le top ! Paul troque son maillot de bain contre une feuille de dessin !
 Nous rencontrons Mr & Mme Le Chevalier qui soutiennent plusieurs personnes ici . Nous partageons nos expériences et apprécions d'appréhender la situation au Mali avec un éclairage nouveau .
 La sérénité du lieu, au bord du fleuve, sous les eucalyptus, le charme des chants d'oiseaux , le doux mouvement des barques de pêcheurs sur le Bani, contribuent au charme du lieu . Les discussions se poursuivent tard dans la nuit tandis que nos "beloteux" s'accordent quelques parties . La situation troublée en Tunisie, en Algérie, en Egypte nous inquiète . Puissent ces pays d'Afrique connaître une situation qui permette à chacun de vivre dignement !

samedi 29 janvier 2011

vendredi 28 janvier : Koundou-Bandiagara : 65 km de piste .

Des lunettes de soleil pour les enfants

Arrosage des oignons
 Lever à l'aube pour profiter de la fraîcheur ! Pas d'eau ce matin; notre douche attendra !
 Direction: les villages dogons qui se confondent avec la couleur de la falaise : Ibi, Neni, Banani, Ireli,Amani et sa fosse aux crocodiles, Tireli, Nomberi et là, passage dans le sable pour un petit safari puis nous franchissons un petit défilé entre 2 barres rocheuses et parvenus au sommet de la falaise . Là, nous donnons des vêtements et des lunettes de soleil à des fillettes  .
 Sur le plateau, nous retrouvons les plantations d'oignons: hommes et femmes s'activent: repiquage, arrosage, arrachage ... Les fillettes assurent le transport de l'eau, les plus jeunes jouent dans la terre et les bébés dorment dans le dos de leur maman . Ici, la couleur verte est dominante . Sur la piste, noria de charrettes tirées par des ânes . Les hommes sont allés au marché vendre leurs oignons et au retour, ils s'en retournent à la case avec des produits de consommation familiale . les femmes, dans leur vêtements multicolores, un lourd chargement sur la tête, se rendent elles aussi au marché . Au cours de nos haltes, nous avons toujours beaucoup de bonheur à rencontrer les enfants : leurs sourires nous émerveillent .
 Nous atteignons Bandiagara pour midi et sommes heureux de nous retrouver à l'hôtel "La Falaise" pour y profiter de la piscine . Il fait toujours aussi chaud et un plongeon ne se refuse pas !
 Après le déjeuner, nous faisons une petite pause : des Vosgiens à 37° recherchent l'ombre et la fraîcheur !
 Django et Fagaye nous emmènent ensuite vers des champs où nous rencontrons les paysans occupés ou à repiquer ou à arroser les oignons . Aubergines et piments sont presque mûrs et nous sommes en janvier !
  Django nous quitte : il va retrouver sa famille . Nous avons apprécié sa sagesse, sa disponibilité et la chaleur de son accueil . Sa fille aînée ( 11 ans) travaille très bien à l'école ( 2° sur 120) .Elle cultive son champ d'oignons personnel .A 5h le matin, elle accompagne les autres femmes jusqu'aux champs ( 2 km) pour y arroser son jardin et à 8h, elle se rend à l'école! Au pays dogon, les champs d'oignons sont  cultivés par les femmes qui peuvent en tirer un petit bénéfice personnel .
 Au retour, nous profitons encore de la piscine . En apprenant le temps hivernal en France, nous savourons d'autant plus le bonheur d'un bon bain au soleil !
 Passager d'une moto, Marc s'offert une visite chez un coiffeur ! Des Blancs lui ont demandé l'adresse du salon !A son retour, il va faire fureur au Thillot !
 Nous sommes toujours aussi contents de lire vos commentaires . Vous nous soutenez et nous préparez à notre retour jeudi soir dans les Vosges !
                                        CDFFMMJOP

vendredi 28 janvier 2011

Jeudi 27 janvier : Koundou et environs .

Daniel et sa petite porteuse d'eau
Dans la falaise,les femmes 2 fois par jour redescendent de l'eau au village
 Petit déjeuner à 6h30 : les touristes ne reculent devant rien quand il s'agit de partir à la découverte ! Et ce matin, nouveauté au programme : Django et Fagaye nous conduisent au pied de la falaise pour une escalade de 300m .
Par l'architecture originale de ses villages, le Pays Dogon" est le principal site touristique du Mali . Tous les touristes du campement sont des Blancs : aujourd'hui: Autrichiens, Américains,Néerlandais, Israëliens et Français .Et actuellement les guides et accompagnateurs souffrent cruellement des recommandations françaises de ne pas venir au Mali . Accompagnés de Django et de 2 jeunes villageois, nous quittons Koundou et attaquons le chaos gréseux en nous élevant rapidement au-dessus du village . Nous croisons des jeunes filles qui apportent de l'eau dans leur case : elles vont puiser l'eau dans une faille rocheuse à 10 m de profondeur et remontent, le seau sur la tête, parcourant plusieurs centaines de m sur un sentier aux marches rocheuses de 50 cm ! Dorénavant, nous penserons à elles chaque fois que nous tournerons un robinet !
 Des enfants vont ramasser du bois . Plus loin, c'est une procession de jeunes femmes, bébé dans le dos et seau sur la tête, que nous rencontrons . Elles pépient et s'en vont d'un pas allègre .
 Plusieurs villages occupent la falaise . Les activités y sont multiples: tissage sur un métier archaïque, commerce d'objets dogons, cultures ( les paysans cultivent les moindres lopins entre les roches) . Les dalles rocheuses permettent d'amasser les gerbes de céréales, les mettant à l'abri des troupeaux .
 Depuis le haut de la falaise, le regard embrasse les plaines environnantes . Nous dominons plusieurs villages, devinons le passage des oueds durant l'hivernage, apercevons les champs cultivés .Le sol sableux est creusé de failles dans le lointain . Le vent nous apporte un peu de fraîcheur . A 10h, il fait déjà 34°! Nous nous régalons du panorama et entreprenons la descente dans les rochers équipés d'échelles ! Cette randonnée n'est pas sans nous rappeler notre "Sentier des Roches" avec 20° de plus . Nous arrivons à Yendouma .
 Rentrés au campement, nous déjeunons et partageons avec les touristes présents dont une Néerlandaise, membre d'une ONG nous expose sa mission auprès d'une association de femmes du village . Aujourd'hui, c'est l'inauguration de la maternité installée ici selon le souhait des femmes . L'après-midi, il fait 38° . La chaleur nous plombe !
 Marie-Jo et Odile vont visiter la maternité accompagnées du patron du campement  alors que les 2 équipes de beloteurs s'en donnent à coeur joie ! Plus tard, Marie-Jo, Paul et Odile font un tour du village . Ils rencontrent une femme qui file le coton, une fillette qui moud son mil . Au puits, les garçons font preuve d'ingéniosité: ils utilisent une fourche de vélo équipée d'une roue à gorge . Avec leurs pieds, ils appuient sur la corde et font remonter les bidons à une vitesse-record ! Les filles font un ballet incessant, u, bidon de 10l, voire de 20l sur la tête .A la nuit, elles songeront à faire leurs devoirs, éclairées par une lampe au milieu de village . Les plus jeunes, en futurs bâtisseurs, jouent dans la terre à côté du puits . Partout on est actif! Les jeunes hommes vantent leur artisanat dogon . les jeux des enfants animent le village . Il fait si chaud que plusieurs d'entre nous dormiront sur des matelas installés sur une terrasse !

mercredi 26 janvier : Sévaré-Bandiagara-Sangha-Koundou: 60 km + 50 km de piste

Champs d'oignons sur la falaise au pays Dogon

Paysage du pays Dogon
 Ce matin, nous nous offrons un peu de répit : nous ne partons qu'à 9h30 . La chaleur est déjà étouffante et Daniel et Marc font un plongeon dans la piscine avant de prendre la route .Nous nous dirigeons plein Est vers Bandiagara, porte du Pays Dogon . Nous n'avons plus que 2 véhicules; nous en avons laissé un à Teryabugu .
Le panorama laisse entrevoir des régions humides plantées de rizières et où les nénuphars égayent les plans d'eau . C'est la région de delta du Niger . Les 1° bancs rocheux apparaissent .
 A midi, arrivés à Bandiagara, déjeuner au restaurant "La Falaise" . La piscine nous y tend les bras et la chaleur ( 36°) incite à y faire un petit plongeon !
 Django, guide au Pays Dogon nous rejoint en 4x4 . Les pistes du pays nécessitent un véhicule" tous terrains" . Nous serons 5 par 4x4 .Et c'est parti pour une séance de secousses digestives ! Le Pays Dogon" est coupé par une falaise de 200 km de long et de 400 à 700 m de hauteur . La falaise sur laquelle sont construits ou au pied de laquelle sont appuyés les villages est la partie la plus touristique : les ruisseaux qui coulent de la barre rocheuse et les multiples sources y permettent l'agriculture . Tout au long de la piste, l'oeil est attiré par la couleur verte des champs d'oignons . Grâce à de petits barrages et forages, les Dogons pratiquent de plus en plus les cultures de maraîchage ( oignons et tabac) . Et pour réaliser ces cultures, les paysans recouvrent de terres cultivable les dalles rocheuses . Ils créent ensuite des "oeillets" séparés par des pierres ou des bourrelets de terre . les oignons sont ensuite repiqués et arrosés généreusement . Hommes femmes et enfants sont très nombreux à travailler dans ces champs . La production est en grande partie vendue et sert de monnaie d'échange pour la consommation des familles .
 Nous allons jusqu'à Sangha, ville de notre guide Django . Nous saluons sa famille et traversons les ruelles du bourg, très animé aujourd'hui en raison de la visite d'une personnalité.
 Puis c'est le plongeon au pied de la falaise . Nos 4x4 téméraires n'hésitent pas à s'engager sur une route qui ressemble plutôt à un grand toboggan dont la surface serait pleine de bosses . Nous admirons au passage les parois rocheuses dans lesquelles ont vécu les troglodytes, les tellems . Actuellement, les défunts sont encore quelquefois enterrés dans ces dalles . Nous admirons les superbes villages et leurs greniers coiffés de paille . Les enfants et ados rentrent de l'école, les filles portent leurs cahiers sur leur tête .
 Au coucher du soleil, nous arrivons au "Campement Amitié Dogon" à Koundou, dans un cadre magnifique . Le soir nous apporte un tout petit peu de fraîcheur !

mercredi 26 janvier 2011

mardi 25 janvier : Teryabugu - Mopti : 320 km

Achat annuel de 4 tonnes de riz pour les 60 handicapés de Mopti

Beaucoup de reconnaissance pour l'association
 Toujours aussi matinaux, nous décollons à 8h. Au passage, nous nous arrêtons chez Karim, le jardinier de Terya .Sa case est bordée d'une plate-bande fleurie. Un potager jouxte l'atelier de couture devant lequel trône la machine à coudre offerte par Marc et Marie-Jo il y a déjà quelques années .Nous saluons Madame et les enfants :qui ont le prénom de  Marie-Jo et Marc ( 13 mois) . Et c'est parti pour 27 km de piste avant de rejoindre la route .
 A l'approche de Yangasso, une procession de camions,charrettes, taxis,mobylettes, vélos,  femmes à pied chargement sur la tête occupe les bas-côtés : c'est jour de marché !La foule se presse devant les étals . Nous sommes de "petits rigolos" avec notre Foire aux harengs ou notre Foire de Poussay !
 Sur la route, les camions avec leurs chargements nous épatent : au Mali, le chargement d' un véhicule est un art !
à l'intérieur, les femmes, à l'extérieur, hommes, moutons, chèvres, mobylettes, vélos, sacs de céréales, bois, ferraille, paille, légumes, chaises et toutes marchandises dignes de faire commerce . heureusement que tunnels et ponts ne font pas partie des infrastructures du pays, sans quoi beaucoup seraient bloqués ! Et toujours les sourires quand nous saluons d'un geste de la main !
 Nous arrivons à Mopti, au confluent du Niger et du Bani en début d'après-midi . Nous y déjeunons  face au port . C'est "noir de monde"!
 Partout la foule, des étals, des plaques de sel aux matelas en passant par les récipients en plastique et la poterie; c'est un super- hypermarché! Les pinasses amarrées assurent le trajet jusqu'à Tombouctou en 3 jours . Leur chargement n'a d'égal que celui des camions croisés sur les routes !
 Ensuite, nous allons chez les Handicapés que nous rencontrons chaque année . Ils sont 65 ( femmes, hommes et enfants) et tentent de vivre de leur travail : tannage de peaux, confection de maroquinerie et chaussures, couture . Tôlerie et travail au moulin complètent leurs activités . Nous sommes accueillis avec joie: les visages sont radieux . Chants, danses et sketchs nous permettent de pénétrer dans leur vie . C'est un superbe échange, très profond . Nous leur achetons 4 tonnes de riz comme les années passées . Nous leur allouons également de l'argent pour améliorer leur maison ( offerte par des Allemands) . Auparavant, ils vivaient de mendicité dans la rue .A la requête de l'un d'entre eux, nous allons financer la scolarité de 3 soeurs( 8 à 12 ans) que la maman, seule, ne peut assumer .3 autres enfants seront aussi parrainés par des membres de l'association ( dont Baba, 6 ans, amputé d'une jambe à la suite d'un accident de moto, il y a 1 an et qui se déplace avec des cannes anglaises ). Emotion et joie mêlées , le spectacle nous remue . En France, les handicapés bénéficient d'une allocation alors qu'ici, ils doivent se débrouiller seuls .
 Nous offrons également des vêtements, des chaussures, des peluches . Les médicaments et les lunettes seront déposés à l'hôpital et leur permettront d'avoir d'autres médicaments en échange .
 Nous nous quittons à la nuit et partons à Sévaré où nous passerons la nuit à l'hôtel" Flandre"  .(Nous y sommes bien accueillis).
 Nous partons demain matin en Pays Dogon et ne pourrons nous connecter durant quelques jours .

Tout va bien: il fait beau, le moral est bon, les troupes de "son Excellence" sont fraîches ! Il fait 36° .

mardi 25 janvier 2011

Lundi 24 janvier : Teryabugu- Malokoro-Wérou-Malokoro-Teryabugu : 3h en pinasse

Accueil à Malokoro nous sommes arrivés par pinasse (petit bateau) à Malokoro
  
Discussion avec le chef de village en prévision d'un puits l'an prochain .

"Comme d'habitude, lever à l'aube : nous sommes des vacanciers actifs ! Après le petit déjeuner, chargement de la pinasse des fournitures destinées aux villageois de Malokoro : vêtements, semences et un fauteuil pour un enfant handicapé . Mama, le polyvalent, pilote de pinasse est aux commandes . Il joue le rôle de médiateur avec les villages environnants. C'est ainsi que Mama nous a fait connaître Malokoro, l'an dernier . Ce village, situé de l'autre côté du Bani, est peuplé de "Bozos"(pécheurs) . Les habitants ne consommaient que l'eau du fleuve . Notre association a financé l'achat de buses et de tout le matériel pour réaliser un puits . Les hommes ont creusé le trou. Et nous pouvons aujourd'hui admirer le travail réalisé . Maintenant, l'eau potable arrive dans le village . Nous avons aussi financé le grillage qui permet d'entourer le potager, le mettant ainsi à l'abri des prédateurs . Quelle n'est pas la fierté des habitants de nous amener à leur jardin planté d'oignons, tomates, aubergines et salades . Mama a séparé le jardin en parcelles équitables de façon à ce que tous soient servis . Nous pouvons apprécier la sentence de Mama: "la main c'est la fortune" ! Après le tour du village, nous prenons le temps de manger un sandwich, de goûter le tô, de boire le thé . Le retour en pinasse nous permet d'admirer divers oiseaux : hérons, martins-pécheurs,mange-boeufs, aigrettes, canards, oies cendrées, aigles .
 En quittant Malokoro, après des adieux chaleureux, Mama nous emmène en pinasse jusqu'à une autre plage, à quelques kilomètres . Nous nous dirigeons vers Wérou, un village "bambara", peuplé de paysans . Les habitants souhaitent bénéficier d'un puits . Le précédent, creusé par eux-mêmes, s'est effondré faute de structures . Nous rencontrons le chef du village et ses conseillers . Nous nous engageons, si nos finances le permettent, à payer le matériel nécessaire au forage d'un puits et le grillage utile à l'entourage d'un jardin . Nous saluons les villageois ( les femmes sont restées à l'écart durant les discussions) . Un jeune cocher approche sa charrette attelée à un cheval . Nous nous y installons pour regagner le port . Et nous voici de retour passant de charrette en pinasse ! La journée est pleine d'imprévus ! Nous sommes très heureux: l'échange de sourires, de gestes d'amitié en dit plus que tous les discours: ce sont les coeurs qui parlent ! Et nous, les mamans, sommes très attendries en prenant les bébés dans nos bras : notre langage est universel !
 Le retour sur le fleuve nous permet de nous relaxer . Nous ne verrons pas les lamantins, très nombreux dans le Bani,ni les hippopotames qui vivent plus en aval, ni les crocodiles occupant un bras du fleuve en amont de Terya .
 La température supérieure à 35° nous incite à profiter de la piscine en arrivant à notre havre de paix: Teryabugu . Et là, Marie-Jo se joint aux nageurs d'hier pour se rafraîchir .
 Quelle n'est pas notre surprise de nous revoir à nouveau à la télé . Décidément, les Amis de Yorola se font remarquer au Mali . Si Marc s'est senti "dégradé"( dixit Marc) il y a quelques jours, "Son Excellence" est maintenant re-marquée et re-gradée !
 Avant le dîner, nous sommes invités par Isaïe, un employé de "la Case de l'amitié" à aller voir le boeuf qu'il a pu acheter avec l'aide personnelle de Marc et Marie-Jo . Il peut ainsi exploiter un champ et rendre sa famille autosuffisante sur le plan alimentaire .
 Fagaye a profité de cette journée pour nettoyer les véhicules couverts et emplis de poussière, dignes de vrais " broussards ".
 Les amateurs de cartes s'offrent quelques parties de belote alors que les autres regagnent leur case pour y trouver un repos réparateur . La nuit, bercée du chant de quelques insectes, est chaude . A l'aube, les oiseaux nous offrent leur ramage en guise de réveil . C'est un vrai paradis !

Dimanche 23 janvier: Bamako-Teryabugu : 310 km dont 37 km de piste

Le fleuve Bani à Teriyabugu

Karim le jardinier son épouse et ses enfants ,la fille Marie Jo ,et le dernier né Marc! 

Départ en direction de l'Est vers Ségou . Nous traversons le fleuve Niger par le pont des Martyrs long de 1 km. Pour un dimanche matin, la circulation est déjà intense : des nuées de mobylettes circulent dans toutes les directions . La banlieue dépassée, nous roulons sur la route de Mopti . Dans les villages, les marchés installés dès l'aube offrent aux passants leurs superbes étalages . Il est toujours le moment de faire du commerce . Les camions en panne au long de la route sont légions . Et, quand ils roulent, l'état de leur mécanique et de leur carrosserie laisse à désirer ! Les petits taxis sont toujours aussi recherchés : ils font le plein de voyageurs et de marchandises : nous apercevons quelques moutons ficelés sur les galeries par une température supérieure à 35 !
 Aujourd'hui, le soleil est plus généreux .Pour déjeuner, nous nous arrêtons à Ségou, ancienne capitale du royaume bambara .Quelques-uns en profiteront pour faire quelques brasses dans la piscine du restaurant . Ville fluviale sur le Niger, Ségou est réputée pour ses poteries et, aujourd'hui, c'est jour de cuisson . Hélas, les fours sont installés sur l'autre rive du fleuve et nous n'avons pas le temps de le traverser . Nous rencontrons 2 jeunes handicapés à qui nous donnons des béquilles .Cette région verdoyante contraste avec l'aridité du Nord . L'après-midi, nous reprenons la route vers Bla et bientôt nous empruntons la piste de Teryabugu . 37 km dans la poussière sur un sol irrégulier et cahotique . Ce parcours nous donne l'occasion d'admirer de majestueux balanzans, des kolatiers, des manguiers, des kapokiers, des karités, des palissandres, des cailcédrats et les fiers baobabs qui se détachent à l'horizon . Les termitières sont légion ici ; rassurez-vous, nous veillerons à ne pas  rapporter leurs habitants dans nos bagages !  Quelques paysans rentrent des champs avec leurs charrettes tirées par des ânes . Nous leur donnons des vêtements . Seuls les regards seront les interprètes de cet échange, mais ils sont riches de sens !
 L'arrivée à Teryabugu, à "la case de l'amitié" qui fait vivre 300 personnes, est un enchantement . Des villages de pécheurs sont  installés sur les rives du fleuve Bani, affluent du Niger . Des eucalyptus forment une haie jusqu'au centre d'accueil . Là nous retrouvons Mama, guide, linger, tailleur et Karim son frère, jardinier et couturier et les employés du village . Des cases nous sont affectées . Comme nous sommes dimanche, nous nous offrons le plaisir de profiter de la piscine: Colette, Daniel, François, Marc et Odile s'en donnent à coeur joie après cette journée torride .
 Soirée tranquille et dîner au bord du fleuve . Le rêve ! Lors du journal de 20h, nous nous voyons  à  l'inauguration de l'école . " Son excellence le représentant de la délégation française" alias Marc, apparaît à l'écran entouré de son staff ! Notre notoriété grandit au Mali !
 Demain, nous traverserons le fleuve Bani ...
                                 POMJMFFDC

samedi 22 janvier 2011

Samedi 22 janvier : Kita, Kolena, Kita, Bamako : 230 km dont 40 km de piste

Lever à l'aube pour partir à 7h jusqu'à Kolena ( 20 km de piste très secouante) où nous allons prendre le petit déjeuner . Les secousses achèveront de nous réveiller !
 Nous dépassons plusieurs hameaux formés de huttes rondes au toit de chaume .Nous croisons de nombreuses femmes, chargées d'un lourd plateau dans lequel elles déposent leurs légumes . Elles se rendent au marché pour y vendre leur production .Nous dépassons aussi quelques jeunes et des chasseurs qui se rendent à la fête . Car, aujourd'hui, c'est le 10° anniversaire de l'école de Kolena ( 1 400 hab. 205 élèves) .
 Quand nous traversons les hameaux, les habitants sont déjà prêts pour la cérémonie et nous saluent avec un grand sourire . Nous avions prévu de rendre visite au village de Kolena pour suivre les actions soutenues depuis l'an dernier, à savoir :
- l' achat de grillage pour l'entourage du jardin ( 1 ha) pour le mettre à l'abri des prédateurs
- l'apport de 10 t de céréales : mil, sorgho,maïs
- le don de fournitures scolaires .
 Et comme notre visite coïncide avec l'inauguration de l'école, nous sommes invités à participer aux réjouissances .
 Notre 1° intervention ce matin consiste à apporter un fauteuil roulant ( offert par un hôpital vosgien) à une jeune fille de 17 ans, Denise,qui jusqu'à aujourd'hui, ne s'est déplacée qu'à genoux . Voir le monde assise à 50 cm du sol, cela change la vie !
C'est maintenant le petit déjeuner malien : tripes , panse et foie en sauce à la mode africaine ( donc sans couverts) boeuf bourguignon le tout accompagné d'une cuvette de lait chaud et de café au lait sans café !
Nous visitons ensuite le jardin et sommes épatés de le voir entouré et planté d'oignons .
Les villageois font 3 récoltes/an: gombo, maïs, oignons, betteraves, salades, choux, niébé( sorte de haricots).
Leur souhait serait d'avoir une motopompe électrique ( avec panneau solaire) pour arroser plus facilement : (l'eau est à 8 m de profondeur). Dans ce jardin, il y a des parcelles communes et des parcelles individuelles .
 Ensuite nous nous rendons à l'école . Dans la cour, des rangées de sièges attendent les invités ( dont nous au 1°rang!): ministre de l'éducation, chef de la police, maire, premier directeur de l'école, les enseignants, tout le staff ...
Des fournitures scolaires sont offertes par le ministère . Nous déchargeons également les nôtres et ajoutons des vêtements .
 Toute la population, vêtue de couleurs chatoyantes,[ les femmes dans leur superbe tenue, la tête ceinte d'un mousséron ( mouchoir de tête assorti à la robe), les hommes avec leur boubou] entoure la place.Les visages sont souriants, les enfants attendent patiemment, les bébés se laissent bercer dans le dos de leur maman . La musique militaire y va de ses morceaux . C'est la fête . En Afrique, on a le sens de la fête et tout le monde est invité !
Après les discours d'usage, nous visitons l'école nouvelle ( 6 classes) en compagnie des officiels. Nous apprenons qu'un enseignant au Mali gagne 250 FF ( 38 €/mois pendant 9 mois) .
Nous quittons le village vers 14h et allons manger d'une omelette à Kita . Le temps est couvert et très lourd .
Nous regagnons Bamako en 2h30 par une chaleur étouffante. Là, une autre tâche nous attend : transvaser les cartons d'un véhicule à l'autre pour préparer la suite de notre périple . Demain, nous partons vers l'Est, direction Teryabougou . Nous devons répartir le chargement et organiser les futures distributions .

Vous pourrez suivre notre périple dans un futur diaporama préparé par Jean-Pierre, notre spécialiste . Il saura vous traduire l'atmosphère et l'intensité des rencontres .
Le repas à Djibouroula Poulet frites

Fauteuil promis l'an dernier à cette jeune fille handicapée
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vendredi 21 janvier 2011

vendredi 20 janvier : Bamako-Djibouroula :Kita : 320 km

Pompe financée par l'association pour l'arrosage des jardins


Accueil des enfants à Koléna



Départ matinal car la journée sera bien remplie .

Fagaye nous retrouve à l'hôtel et nous récupérons Casimir chez lui pour partir plein Ouest, direction Kati .Nous quittons rapidement la grand route et prenons une piste de terre rouge de 60 km qui nous mène à Djibouroula, petit village d'où est originaire le père Emile . Nous y étions déjà venus il y a 2 ans . Nous y avions apporté du matériel scolaire et avions équipé la maternité de matelas et petit matériel .Nous avions financé une pompe pour puiser l'eau et ainsi arroser le jardin de l'école  et acheté un panneau solaire . L'année passée, nous avons financé la réfection du sol de 3 classes . Cette année, nous apportons des manuels scolaires, du papier, des vêtements (adultes et enfants), des couvertures, des chaussures....
 L'accueil au village est triomphal : les chasseurs avec leur pétoire sont les 1° suivis des musiciens . Les ados et les enfants font une haie tout au long de l'accès au village . Ils sont plusieurs centaines . Les enseignants et les personnalités du village nous accompagnent jusqu'à la place où toute la population, en costume de fête, est rassemblée .Nous sommes émus de tant d'attention à notre égard .
 Nous sommes invités à prendre place aux places d'honneur . Après les présentations ( enseignants, personnalités) et les discours d'usage, nous sommes conviés à danser . Les chants et les acrobaties de quelques saltimbanques donnent de la saveur à la fête . Le visite des réalisations poursuit la cérémonie :
 Le jardin de l'école nous bluffe : chaque enfant cultive son petit lopin et les légumes récoltés( tomates, aubergines, piments, carottes, salades, haricots, oignons) sont vendus au profit de la coopérative scolaire .L'arrosage avec l'aide de la pompe facilite le travail de jardinage et actuellement les plantes sont superbes et feraient rêver bien des Vosgiens, surtout au mois de janvier !
 Le panneau solaire permet de recharger les téléphones portables du village et à quelques familles de regarder la télévision .
 A la maternité, nous sommes heureux de voir les mamans couchées sur les matelas . Nous aurons le bonheur de voir 3 petites filles nées cette semaine et le tout petit dernier né ce matin même .Un autre bébé est annoncé pour l'heure suivante . Et nous nous attendrissons devant ce miracle toujours renouvelé d'une naissance !
 Nous partageons le repas avec les villageois et pouvons converser avec les instituteurs animés d'une même passion : conduire les enfants sur le chemin de la découverte .
 Nous reprenons la direction de la piste et de sa poussière, heureux de ce partage .
La route nous permet d'avancer entre de superbes manguiers et les eucalyptus . Nous admirons les villages de huttes rondes couvertes de chaumes . Et nous atteignons Kita à la nuit tombée ( nuit de pleine lune !).Nous nous installons à la mission avant de nous rendre dans la famille de Casimir où les femmes nous ont préparé un succulent repas ( boeuf en sauce, pommes de terre et riz) .Les enfants jouent dans la cour . La famille élargie est composée de plusieurs générations, et la dernière est bien présente ! On sent bien l'importance de la famille dans la société malienne .
 Et pour demain, la fête est annoncée à la ville avec la visite de personnalités .
Il fait chaud ( environ 30° dans la journée et peut-être 20° en ce moment !) . Tout va bien, nous sommes heureux .

jeudi 20 janvier 2011

2° Partie : jeudi 20 janvier : Bamako .

Bamako (vue de la colline)

Marché à Bamako
 20 janvier : jour férié : fête de l'armée  et cette année marque le cinquantenaire de l'indépendance du pays et donc de la création de l'armée malienne .
Bamako, capitale de 1 200 000 habitants . Devise du pays qui s'étale partout : "un peuple, un but, une foi".
 Réveil matinal par les enfants du quartier qui jouent au foot dès 7h.  Copieux petit déjeuner à l'hôtel .
Puis rendez-vous à 9h avec Casimir, notre correspondant local, pour répartir les chargements des véhicules en fonction de leur destination .
 La traversée de la ville pour aller déjeuner nous donne un superbe panorama d'une capitale africaine : nous sommes saisis par l'animation dans les rues: les bruits, la circulation intense, les odeurs, les couleurs des vêtements et des étalages, la pollution, les marchands itinérants avec leur camelote sur la tête, les pyramides de fruits .
 Nous nous rendons au point G d'où la vue embrasse la ville et là nous voyons une dizaine de gamins que nous avons rhabillés .
 L'après-midi, nous allons rendre visite aux religieuses de Cati et nous admirons leur potager et leur pisciculture .
Retour par les rues commerçantes de Cati et de la banlieue de Bamako où l'animation ne baisse pas .
 Après les km avalés, les routes défoncées, les camions en panne par centaines au long des routes, la circulation dans les rues de Bamako nous maintient dans l'ambiance : peu de clignotants, dépassements à droite, enfants qui nous harcèlent entre les files de voitures, il y a de quoi regarder !
 Le soir, nous sommes invités à dîner chez Anastasia et Casimir . Nous voyons les enfants qui ont bien grandi . L'accueil est chaleureux .
 Demain, nous partons à l'aube vers Djibouroula et Kolena,et nous dormirons à Kita . Si l'internet-brousse est en sommeil, nous aussi !
Pour information, nous pensons rentrer le jeudi 3 février . D'autres précisions suivront !

mercredi 19 janvier 2011

13° étape:Nioro-du-Sahel - Bamako : 420 km

 8h : nous quittons l''hôtel accompagné d'Antoine, un jeune homme qui nous a guidés hier au soir .La signalisation quasiment inexistante ne nous permet pas de circuler seuls . Petit déjeuner au milieu des stands du marché . Tout le monde s'affaire dans la ville : les enfants de l'école coranique recherchent leur nourriture, les échoppes se garnissent, les femmes s'activent, leur bébé dans une écharpe, les hommes commercent, les filles pilent le mil . Mais,à la différence de chez nous, les visages sont sereins : on ne court pas après le temps ici !
 Ensuite, c'est le moment des dernières formalités: nous allons faire viser notre chargement au bureau des douanes . Puis, nous passons au bureau de police . Le tout en 2h . C'est fou le temps que l'on passe pour des paperasses ! Si les formalités se déroulent sans problème pour nous, nous sommes émus de la situation d'un jeune Guinéen en provenance de France : il rentre chez lui pour y créer une société et, à la douane, on lui demande de l'argent pour passer . Son souhait est de revenir chez lui pour travailler comme il est souvent demandé aux jeunes diplômés .
 Sur la route de Diéma, les baobabs se dressent fièrement pour marquer notre arrivée en terre malienne ! Plus nous avançons, plus la végétation se densifie: les arbres grandissent . Nous apercevons les premiers manguiers en fleurs . Les fruits seront mûrs en avril . Dommage que nous ne puissions attendre !
 Pour notre déjeuner, nous trouverons du pain, des beignets et du corned-beef dans une petite épicerie, au bord de la route .Ces arrêts nous permettent d'échanger avec les autochtones et nous mesurons l'impact de la situation en Tunisie sur les autres pays d'Afrique .
 Nous traversons Kati et sa foule, ses innombrables étalages . C'est un marché permanent , un énorme vide-grenier ! La route est heureusement en meilleur état qu'hier et nous arrivons aux portes de Bamako vers 17h . Nous y retrouvons Fagaye, un malien, chauffeur de Marie-Jo et Marc, les années précédentes . Il nous guide jusqu'aux bureaux de la cathédrale où nous rencontrons Casimir, notre "correspondant local" . Le temps de faire le planning des semaines suivantes et c'est le moment de gagner notre hôtel"le Plaza" où nous allons nous poser après ces 6800 km .
 Nous sommes très heureux d'être arrivés à bon port . Nous rendons hommage à nos 3 chauffeurs : Marc, Daniel et François qui nous ont amenés au terme de notre périple . Merci aussi aux navigatrices .
 Fin de la 1° partie du voyage .
La suite nous conduira en différents endroits où nous soutenons des projets de développement .





Arrivé au Mali
P.S. ne vous inquiétez pas si un jour vous ne pouvez nous lire: c'est qu'Internet n'est pas à portée de notre clavier .

12° étape : Kiffa-Nioro du Sahel : 420 km

Paysages de la route de L'espoir Mauritanie




 Départ 7h30 : Temps nuageux , atmosphère électrique ! Direction plein Est .
 Les enfants et les ados se rendent à l'école : les filles drapées dans des étoffes chatoyantes, les garçons dans leurs boubous blancs ou bleus .
 Nous empruntons une déviation ( la route est en réfection) puis nous retrouvons la route complètement défoncé sur 150 km. C'est un gymkhana permanent . Dans les villages, les femmes s'activent, des enfants autour d'elles . Les petits étalages se garnissent à même le sol ou sur de simples plateaux : pain,viande fraîche ou cuite, fruits, oignons, courges, gâteaux . Tout est produit localement .Les garçons assurent les livraisons avec leurs charrettes attelées à des ânes . Ici, il s'agit de survivre . Au Sahel, la vie tourne essentiellement autour des troupeaux . Le sol est recouvert de touffes jaunies, de genêts ( plutôt grands ici!) et d'acacias . Quelques barres rocheuses barrent l'horizon , tantôt au Nord, tantôt au Sud . Si nous pouvions partager notre verdure, notre eau, la vie en serait changée ici !
 Il nous faudra 6h pour couvrir les 240 km jusqu'à Aïoun el Atrous ! Il est 14 h . Nous nous y arrêtons pour prendre le café ( du petit déjeuner) ! En Afrique, il faut prendre son temps ! A ce moment, un prof de français du collège-lycée de la ville nous demande des livres pour ses élèves . Nous lui donnons 2 cartons de papier et livres . Un agent des douanes nous invite alors à nous rendre au bureau central . Là, nous apprenons que nous avons violé la constitution mauritanienne car nous aurions dû demander l'autorisation ! Heureusement, nous pourrons partir sans problèmes !
 Nous quittons Ayoun, direction plein Sud . Et les contrôles continuent : aujourd'hui 13 ( hier, nous en avions eu 14) . Il y a même des barrages sans gendarmes !) Au long des routes, les enfants nous hèlent et nous demandent des cadeaux . Nous aimerions les gâter mais nous ne pouvons nous arrêter au milieu des villages sans risquer de provoquer une émeute . Les fournitures scolaires seront données dans des écoles de manière à ce qu'elles profitent au plus grand nombre . Nous distribuerons des vêtements au bord des pistes, à de petits groupes . Et la route continue dans ce Sahel, maintenant tout plat . Amateurs de grands espaces , vous pouvez venir, vous serez gâtés ! Les troupeaux divaguent toujours sur la route, nécessitant la vigilance des chauffeurs . Avec la route défoncée, ils auront été gâtés aujourd'hui !
 De Nouakchott jusqu'à Ayoun el Atrous, la route porte le nom de "Route de l'Espoir". Nous pouvons espérer qu'elle soit améliorée et permette un meilleur désenclavement de cette région !
Passage de la douane mauritanienne: aisé .Entrée au Mali: Les bureaux de douane sont de simples baraquements ! Ambiance petit marché de brousse . Nous profitons de cette halte pour manger un petit en-cas : une demoiselle nous vend de succulents beignets et des bananes . C'est notre premier repas de la journée : il est 18h ! Un baobab salue notre entrée au Mali . C'est le premier d'une longue série !
 Nous ne pourrons gagner Nioro-du-Sahel que accompagnés de gendarmes .Sinon, c'était la nuit à la douane, sur des paillasses !
Nous arrivons à la nuit à l'auberge Wala Wauta .
Cette rubrique n'a pu être envoyée hier au soir pour cause d'absence d'internet dans la ville .

lundi 17 janvier 2011

11 étape:Nouakchott-Kiffa : 612 km .

Remis de nos émotions de la veille, nous sommes prêts à 7h et sortons de la capitale accompagnés par un employé de l'hôtel : la circulation dans une ville africaine de 950 000h ( population doublée en 10 ans) est déjà dense et dangereuse: phares et clignotants souvent absents et animaux déjà en giguette !
 Nous prenons "la route de l'espoir", ainsi nommée car elle est un cordon ombilical qui relie les régions reculées de l'Est à la côte . Le désert commence aux portes de la ville .
 Ce matin, la conduite nécessite une grande attention car la chaussée ressemble à nos routes vosgiennes où sont apposées des barrières de dégel :les " nids d'autruches" succèdent aux enfoncements dûs à la chaleur et au trafic, les véhicules stationnés pour cause de pannes ou d'accidents jalonnent les bas-côtés, les troupeaux de dromadaires, de zèbres, d'ânes ou de chèvres se rassemblent aux abords des puits et traversent où bon leur semble . Le 4x4 de Marc signale tous les accidents de la route aux fourgons suiveurs .
 La végétation , tamaris et acacia,s rare au départ grandit en atteignant l'Est .Le vent souffle toute la journée et enveloppe l'horizon d'une atmosphère laiteuse .
 Après Aleg, la route s'améliore: le revêtement est en meilleur état et nous pouvons accélérer . Plusieurs villages jalonnent la route et nous verrons quelques palmeraies le long des oueds asséchés . La route s'ensable quelquefois et nous mesurons la lente progression du désert .En prenant un peu d'altitude, nous passons le canyon de Guérou, bordé de falaises et, à la sortie,nous dominons la plaine qui nous conduit à Kiffa .
 A midi, nous apprécions un succulent pique-nique : pain, sardines et "vache qui rit", le tout arrosé d'eau tiède : cela vaut tous les gueuletons du monde !
 Nous atteignons Kiffa au coucher du soleil et nous installons au camping"Le Phare du désert", contents d'être là, alors que cette route de l'Espoir est réputée dangereuse .

Paysage de dunes route de l'Espoir


Troupeau de dromadaires dans le désert


 Demain, nous pensons passer la frontière mauritano-malienne !

dimanche 16 janvier 2011

10° étape:Nouadhibou-Nouakchott: 485 km .

Rue animée de Nouakchott
Le fameux train minier du desert de Muritanie 250 wagons 3 kms de long
Départ après un petit déjeuner au camping. Mr Bnejara nous retrouve pour nous accompagner jusqu'à la sortie de la ville .
 Nous retrouvons les paysages d'hier: les dunes de plus en plus présentes, la végétation toujours aussi rare . Le fameux train, en provenance de Zouerat, nous fera la faveur de passer sous nos yeux . Impressionnant par sa longueur ! De nombreux ouvriers s'activent à l'entretien des voies .
 Aujourd'hui, la route présente quelques lacets et de faibles côtes  annoncées à 10% ( les panneaux doivent tous annoncer des pentes à 10%!). La température avoisine les 30°C, tout à fait supportables car c'est une chaleur sèche . La zone est toujours aussi peu peuplée: de loin en loin, quelques villages composés de cases ou de huttes . Des troupeaux de dromadaires ou de chèvres broutent la maigre verdure . L'horizon est limité par des dunes à l'Est et à l'Ouest . Nous passons en bordure du Parc National du Banc d'Arguin, classé au patrimoine de l'Unesco . 280 espèces y vivent ou migrent d'Europe ou de Sibérie . Le sable envahit la route aux endroits les plus balayés par le vent ce qui nécessite l'intervention de bulldozers pour dégager la chaussée .Nous sommes émerveillés par les couleurs changeantes du sable : du blanc au rose, la palette est superbe !
 Côté  contrôles, aujourd'hui, nous en avons compté 8 , c'est dire qu'il est sage de se munir de fiches de renseignements en conséquence !
 Arrivés à Nouakchott à 15h, nous prenons le temps de déjeuner ( hier, notre repas avait été troqué contre le passage aux douanes!). Ensuite, nous allons rendre visite à une famille mauritanienne dont des cousins vivent à Ramonchamp Mme Mangame nous a invités à manger . Nous distribuons des peluches , des crayons et quelques vêtements à des enfants du quartier . La fille de Madame Mangame nous accompagne au marché aux poissons . Le retour des pêcheurs crée une grande animation : la foule , les couleurs, les odeurs, en un mot, on port africain !
 La mer est houleuse, les rouleaux écument, les barques dansent sur l'onde, le soleil décline . Nous savourons l'instant .
 Nous nous apercevons à notre arrivée à l'hôtel "Emira" que la sacoche contenant tous les papiers nécessaires pour le passage des douanes nous ont été subtilisés ( volés), au port, dans le 4x4 pourtant fermé . Heureusement que Marie-Jo avait pris la précaution de photocopier  tous les documents et que chaque véhicule comportait son dossier propre . Marie-Jo n'a plus de chargeur de téléphone et d'appareil-photo . Nous tentons de solutionner ce problème . La responsable de l'hôtel, Mme Chimini Mint Hemam, très accueillante et d'une grande gentillesse, nous facilite la tâche et nous permet de remplacer les documents volés .
 Après cette déconvenue, nous rebondissons et, rassurez-vous , nous continuerons notre route .